Heureusement, la mort est inéluctable. Si ce n’était pas le cas, il régnerait sur terre une certaine bousculade. Plus de place assise nulle part ! Pour être ce soir au théâtre, vous auriez dû réserver vos places des années à l’avance.

Paradoxalement, la mort, en créant de la place pour les générations suivantes, permet la survie de la vie.

La mort, Gardi Hutter alias Hanna, la fréquente depuis longtemps. Dans les huit spectacles créés jusqu’à présent, elle meurt sept fois. La « mort clownesque » permet de rire, même de l’horreur. Le rire fut originellement créé par l’espèce humaine pour s’accommoder de son inévitable fin.

Dans GAIA GAUDI, Hanna est morte dès le début. Le public le comprend immédiatement, Hanna non. Elle ne se laisse pas retenir par de si futiles bagatelles. On dit que l’âme d’un défunt reste encore quelque temps dans la chambre. L’âme d’Hanna flotte si sereinement que son corps, agacé, l’expulse hors de la pièce : il entend le vacarme de la génération suivante.

La mort est comme chaque point final, un éternel recommencement, et dans ce sens un passage : dans un autre monde pour les croyants, à un autre état pour les scientifiques et pour les gens de théâtre à une autre fantaisie.

Les thèmes de GAIA GAUDI sont les racines et les ailes, la constance et le renouvellement, le fil de la vie à travers les générations qui redonnent la vie continuellement – et qui, parfois, entrent aussi en conflit.

Cette histoire est racontée par une clowneuse, une chanteuse, une danseuse et un percussionniste avec, immanquablement, des surprises, comme dans la vraie vie.

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